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Portages et pierriers rustiques en Champsaur (1)

Du 11 au 17 juillet 2009 (best of)

Séjour estival au Champsaur avec l'ASCvtt

Francis connaissait bien le Champsaur en hiver, Marc et moi-même avions également eu de très bons retours sur les possibilités vététistiques de cette région unique des Hautes Alpes, sise entre le parc des Ecrins au nord et le lac de Serre Ponçon au sud. Le séjour estival 2009 de l'ASCvtt se ferait donc au creux de l'ancienne vallée glacière aux paysages de bocages et de plaines d'altitude, entourés par des sommets et balcons panoramiques.

Dix neuf bikers et accompagnateurs se sont finalement retrouvés dans un grand chalet à Chaillol, lieu central très calme et panoramique, idéalement situé pour accéder aux principaux parcours essentiellement collectés sur le site VTTour.

A la carte

Compte tenu du nombre de bikers et des goûts et aussi des possibilités de chacun, les randos se feront en partie à la carte. Les premiers arrivés le samedi matin testeront une première boucle au départ de Chaillol tandis que nous sommes quatre à s'être inscrits à la manche Orcières-Merlette de l'enduro de la Riderz Cup, avec dès notre arrivée, une reco des spéciales le samedi après-midi.

Enduro ou DH ?

Premier souci, les deux télésièges sont pris d'assaut et ils sont lents, nous n'aurons donc le temps que d'une unique montée au sommet Drouvet.

A 2654m, nous sommes surpris par le manque de souffle dans le portage d'un gros pierrier pour se rendre au départ de la spé1. C'est notre tout premier effort en haute montagne. Une première spéciale en balcon, déversant par endroit, mais surtout très, très courte. Notre surprise déception ira croissant, alors que la liaison vers la spé2 est de profil descendant, et qui plus est sur des portions de sentier ou de piste tout à fait exploitables.

La spé2 est à peine plus longue mais surtout débouche sur une piste jusqu'en bas. A cet instant, sachant qu'il est déjà trop tard pour espérer prendre une autre remontée (fermeture à 16h30), nous remontons à vélo au sommet du premier télésiège pour rejoindre le départ de la spé3, qui se trouve être la dernière ! Ici, c'est tout simplement la piste rouge de la station, un enchainement de relevés, de tables et de sauts aménagés jusqu'en bas. Certes, c'est ludique, mais assez éloigné de l'enduro, et la frustration reste très grande, surtout lorsque l'on connait la qualité des parcours offerts chez nous dans le 1001 Enduro Tour. Rien à redire de l'organisation, mais ici c'est plutôt un problème d'appellation, et Rallye DH serait largement plus approprié, surtout lorsque l'on voit la participation de gros vélos de 16 kg et plus !

La décision est prise à l'unanimité le soir : nous ne prendrons finalement pas le départ le lendemain. Nous sommes venus faire de l'enduro, pas de la descente en station, et préférons profiter au maximum des espaces et sentiers que nous offre la région. Et ça tombe bien, le groupe envisage une grosse rando dimanche qui passe par la station d'Orcières Merlette.

Le Roc D'Alibrandes et le Palastre

Nos plaques nous permettent d'emprunter les remontées dont nous profitons avec une partie du groupe, une autre partie préfère monter par les pistes au point haut, tandis que les deux irréductibles Fab et Laurent font la totale en boucle en partant tôt à vélo du chalet le matin, soit plus de 2500m positifs au compteur !

La descente du Roc d'Alibrandes est un must d'épingles dans une forêt de pins et de mélèzes. Nous y croisons le parcours du raid offroad du Champsaur avec quelques concurrents attardés et profitons du coup d'un magnifique ravitaillement aux Tourengs ! Passage en rive droite du Drac par le GR50 pour monter vers les Richards d'où quatre costauds du groupe, Fab, Laurent, Astérism et Pierre-Yves partent faire le portage du Palastre et la descente qui suit. Les autres préfèrant rester sur le GR du tour du vieux Chaillol. En fait de balcon, celui-ci est bien loin de la ligne de niveau et occasionne de nombreuses petites descentes suivies de montées plus ou moins rudes. Le groupe est assailli par les mouches, enfin certains plus que d'autres, et la fatigue se fait sentir. Nous arrivons tardivement au chalet et enchainons immédiatement avec une heure de navette pour les voitures restées à Orcières Merlette.

Du monde aux balcons du Vieux Chaillol

Lundi, ce sont deux groupes qui partent en même temps du chalet au-desssus de Chaillol 1600 pour emprunter deux variantes du balcon éponyme. Les premiers, ayant déjà fait la première partie le samedi montent directement sur le GR tandis que notre club des cinq monte en direction du pic du Tourond.

Belle montée parfois roulante (pour les gros mollets) dans une nature exubérante, et picnic panoramique de rêve à l'embranchement du sentier ouest en balcon. Jonction avec le GR50 pas toujours facile à rouler, surtout avec la chaleur ambiante, mais constamment panoramique. La descente du champ Fourrier est un cadeau qui passe malheureusement trop vite et le retour par le canal Malcros, un très agréable moment de récupération ludique. De retour à la station, nous remontons légèrement pour aller (boire une bière et manger des glaces ;-) chercher un dernier sentier descendant avant le retour direct au chalet.

« Portage dans un pierrier rustique »

J'adore les topos VTTour ! Les descriptifs y sont concis, techniques, et subtilement imagés. La réalité sur le terrain est parfois surprenante aussi, et certains chiffres tels que « Roul.diff/Poussage » (roulage difficile ou poussage) ou « Portage obl. » (portage obligatoire) semblent avoir été lancés par quelques extra-terrestres en mal d'efforts extrêmes. Bref, il y a à boire et à manger, et la découverte reste entière ;-)

Il était donc décidé pour ce mardi de réaliser le tour horaire de la Petite Autane au départ d'Ancelle, au sud de Chaillol. Le groupe, bien que réduit après les efforts de la veille, est de treize bikers tout de même. Il fait toujours beau, et de plus en plus chaud. Un point d'eau sur le parcours est bienvenu pour refaire le plein dans des conditions où même les poches de 3 litres ne suffisent pas toujours à tenir la journée.

La dernière partie de la montée s'effectue selon le topo : « ...suivre les traces de roues qui serpentent dans les alpages vers le Col de Combeau (2303m). L'accès au col se fait par un portage dans un pierrier rustique. » On a bien suivi les « traces de roues », mais après, ce fut freeride, d'abord dans la forêt, en poussette puis très vite en portage, avec les filles qui poussent des cris lorsque les branches de mélèzes tentent de les enlacer ! Au sortir de la forêt, dans une pente toujours plus soutenue où l'absence de sente rend la montée instable et casse chevilles, apparaît le pierrier dit « rustique ». L'un d'entre nous avait d'abord compris « ludique », mais il a vite déchanté, et l'arrivée au plateau final, 50m sous le col était perçue comme une délivrance.

Une fois le col atteint, Francis, notre guide du jour avec Fab pouvait souffler et se rassurer : la descente promise s'ouvrait à notre regard en même temps qu'un somptueux paysage, et celle-ci semblait à la hauteur des attentes du groupe (rien de pire pour l'organisateur d'une rando d'offrir une descente pourrie après une montée pénible !).

Une descente certes peu entretenue et abîmée par le passage des troupeaux, mais cependant rapide et très joueuse. Arrivés à Rouanne-Haute, nous empruntons la piste descendante d'abord en rive droite puis en rive gauche pour rejoindre directement Ancelle.

Intermède

Mercredi, alors qu'une partie du groupe est déjà rentré, le temps est pluvieux et maussade. Francis et Fab qui prévoyaient de monter à pieds au Vieux Chaillol (+3163m) abandonnent finalement cette idée et décident également de redescendre sur la côte d'azur.

Le grand soleil est finalement revenu au déjeuner, et nous faisons un petit aller-et-retour jusqu'au lac de Barbeyroux par le très beau sentier du canal Malcros, avec Fred qui se remet doucement en condition. Une sortie idéale pour récupérer après les trois jours passés.

Le Piolit est-il vraiment roulable ?

Pour jeudi, la météo tient encore le coup plus que jamais, ce qui n'était pas gagné quelques jours avant, et compte tenu de la tempête annoncée du lendemain, notre petit groupe réduit à trois décide de profiter d'un dernier grand tour de montagne.

J'ai sélectionné le Piolit, en traversée par le col de la Pourrachière. M'ont séduit sur le topo VTTour le dénivelé sommes toutes raisonnable (+1110m), le portage limite raisonnable (300m) mais surtout la possibilité de faire un vrai sommet, de la vraie montagne, et de découvrir le panorama sur le lac de Serre Ponçon.

Les remarques topo assez pauvres et l'absence de commentaires sur l'itinéraire auraient du m'inquiéter, mais bon... Car en fait de portage obligatoire, celui-ci était plus proche des 600 ou 700m, sans compter les poussages ! Tandis que le déniv' total dépasse les 1300m. Bref, la montée fut rude (avec 200m en plus pour un Bourriquet, heureusement en forme, mais qui ne s'attendait pas à tant d'efforts). L'unique mais grande récompense sera l'ampleur et la beauté du panorama, la cime vaincue par notre petit groupe familial et au sommet de laquelle (+2464m), la température était exceptionnellement douce.

Pauvres de nous, la descente promise était loin d'être un modèle du genre. Pente soutenue, épingles rarement faisables, passages exposés, portions dégradées ou blocs, arrivée beaucoup trop rapide sur une longue piste descendante qui précédait une remontée de +100m sur route vers le col de Moissière. Bref, beaucoup d'efforts consentis pour une bien piètre récompense. Le Piolit vaut certainement le détour pour un marcheur ou un trailer, pas pour un vélo de montagne. Et le regard médusé de tous les randonneurs rencontrés confirmeront cette impression ! En attendant il reste les photos, et je suis quasiment sûr qu'elles suffiront à tenter certains de revivre malgré tout l'expérience ;-)

Epilogue

Le Champsaur est une région magnifique et magique, avec beaucoup de possibilités de parcours VTT. Pour autant, nous n'avons pas été pleinement convaincus par le potentiel annoncé. De nombreuses boucles imposent un pourcentage de route ou de piste non négligeable, et bien que le terrain ne soit pas aussi cassant que notre département, il semble cependant moins bien entretenu que le réseau de sentiers de l'arrière-pays Niçois. Par ailleurs, il faut apprécier un minimum le portage :-)

Certes il reste probablement de nombreux parcours inexplorés qui valent le détour, mais les « 420km de chemins balisés » sont bien peu face aux 4000km de nos Alpes Maritimes ! C'est comme ça, à force de vivre et rouler dans une région exceptionnelle, on en devient exigeant !

. Pierre .

PS: Les photos des potes :
- Franco
- Astérism
- Sheen
- Pierre Yves

Le « best of » des photos, et le reste